Le DPE repose sur deux notions: la consommation d’énergie et les émissions de CO2. Cette double évaluation répond à un double enjeu : réduire la facture énergétique et lutter contre le dérèglement climatique. C’est aussi pour cette raison que le DPE s’inscrit dans la logique d’application de la loi Climat et Résilience. D’un côté, réduire la consommation d’énergie permet d’améliorer le confort, de diminuer la précarité énergétique, et surtout, de s'engager vers la transition énergétique. Pour arriver à cette fin, il est important de baisser la demande énergétique pour réussir à décarboner la production. De l’autre, réduire les émissions de GES est essentiel pour respecter la Stratégie Nationale Bas Carbone, et donc atteindre l’objectif de neutralité carbone d’ici 2050. Ainsi, un logement bien isolé, mais chauffé au fioul sera mal noté pour inciter à abandonner les énergies fossiles.
Inversement, un logement chauffé au bois, mais très mal isolé obtiendra aussi une mauvaise étiquette pour inciter à la rénovation thermique. Le DPE attribue donc une étiquette globale qui dépend de la plus mauvaise des deux performances : énergie ou carbone. Ce mécanisme pousse à agir sur les deux fronts. Toutefois, tous les bâtiments ne partent pas avec les mêmes atouts. Certains peuvent activer tous les leviers, d’autres sont limités par des contraintes techniques ou territoriales. Cela pose la question d’une future évolution du DPE intégrant la faisabilité d’agir : autrement dit, jusqu’où peut-on raisonnablement aller en fonction des spécificités du bâtiment ? Ainsi, le DPE, en combinant énergie et carbone, cherche à responsabiliser chaque acteur pour que chacun « fasse sa part », même s'il est toujours crucial de tenir compte de la réalité du terrain.